Qu'est ce que le CERN ? ( en peu de mots )

Qu'est ce que le CERN ? ( en peu de mots )
Le CERN est l'Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire, le plus grand centre de physique des particules du monde. Ici les physiciens viennent explorer ce dont la matière est faite et quelles forces assurent sa cohésion.

Le CERN existe avant tout pour leur fournir les outils nécessaires. Ce sont des accélérateurs, qui accélèrent les particules jusqu'à une vitesse proche de celle de la lumière et des détecteurs pour rendre les particules visibles.

Fondé en 1954, le laboratoire a été l'une des premières entreprises communes à l'échelle européenne et il comprend maintenant 20 états membres.

# Posté le mardi 11 octobre 2005 11:52

Qu'est ce que le CERN ? ( plus détailler )

Qu'est ce que le CERN ? ( plus détailler )
L'Organisation européenne pour la recherche nucléaire, plus connue sous le nom de CERN (baptisé à l'origine -en français- Conseil européen pour la recherche nucléaire), est le plus grand centre de physique des particules du monde, situé à la frontière entre la France et la Suisse, dans les environs immédiats de Genève.

Histoire

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la recherche européenne en physique est quasi inexistante, alors qu'elle était au sommet de sa gloire quelques années auparavant. C'est dans ces conditions que le français Louis de Broglie, Prix Nobel de physique en 1929 lance l'idée, lors de la Conférence Européenne de la Culture à Lausanne en 1949, de créer un laboratoire scientifique européen.

En 1952, avec le soutien de l'UNESCO qui favorise la création de laboratoires scientifiques régionaux, 11 gouvernements européens décident de créer un Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN). C'est lors d'une réunion à Amsterdam que le site où l'équipement du CERN sera placé est choisi: ce sera près du petit village de Meyrin, situé entre la frontière franco-suisse, près de Genève.

Les premiers travaux pour la construction du laboratoire et de son accélérateur commencent au mois de mai 1954.

Le 29 septembre 1954, la convention du CERN est ratifiée par 12 États européens, le CERN est officiellement créé et se nomme maintenant le Centre Européen pour la Recherche Nucléaire.

C'est en 1957 que le premier accélérateur, le Synchro-Cyclotron (SC) à protons est mis en service.

Le 5 février 1960, le premier gros accélérateur, un synchrotron à protons, du CERN est inauguré par le physicien danois Niels Bohr.

En 1965, le gouvernement français accorde le droit au CERN d'agrandir son domaine sur le sol français. La même année, la construction des anneaux de stockage à intersections (ISR) est approuvé, leur mise en service est prévue pour 1971.

En 1967, un accord est passé avec la France et l'Allemagne pour la construction d'une chambre à bulles à hydrogène.

En 1971, un second laboratoire est construit pour y placer le Super Synchrotron à Protons (SPS) de 7 kilomètres de circonférence. En 1976, les deux laboratoires seront réunis.

En 1981, il est décidé de construire le Grand Collisionneur Electrons-Positons (LEP), d'une circonférence de 27 kilomètres. Il sera le plus grand du monde.

En 1983, la théorie électrofaible est presque entièrement confirmée, les forces faible et électromagnétique sont presque unifiées. C'est également cette année, le 13 septembre, que les premiers travaux du LEP commencent.

En octobre 1984, Carlo Rubbia et Simon van der Meer reçoivent le Prix Nobel de physique pour leur découverte concernant la force électrofaible.

Le LEP est inauguré le 13 novembre 1989.

En 1990, Tim Berners-Lee et Robert Cailliau présentent un système d'information basé sur des liens hypertextes. Le World Wide Web est né.

En 1992, Georges Charpak reçoit le Prix Nobel de physique pour des travaux réalisés au CERN en 1968.

En 1994, la construction du Grand Collisionneur de Hadrons (LHC) est approuvée.

En 1995, le Japon devient un État observateur suite à ses contributions financières au LHC. Suivi en 1997 par les États-Unis.

En mai 2001, le début du démontage du LEP commence, pour être remplacé par le LHC.

En 2007, l'accélérateur à particule géant du CERN , le LHC ( large hadron collider ) sera construit .
Pour optimiser sa construction et sa maintenance (surtout celle des capteurs ultra-sophistiqués) le CERN a besoin de faire des simulations de grande envergure. Ces simulations permettent aux ingénieurs européens d'optimiser et d'accélérer la construction de ce qui sera le plus grand instrument scientifique du monde (27km de long).

Une fois l'accélérateur à particule construit les différents capteurs produiront 15 Po (pétaoctet=1E15 octet) par an ce qui constitue 10% de la production annuelle de la terre entiere. Pour analyser cela le CERN envisage également de faire appel au public et à BOINC (mais pas avant 2007-2008).

Le programme actuel simule 100 000 tours ou 1 000 000 tours de 60 particules dans le futur LHC. Ces particules effectueraient ces tours en moins d'une seconde en réalité mais un ordinateur actuel met 1 à 10h pour effectuer la simulation.


Personnel et équipements

Le CERN emploie un peu moins de 3000 personnes à plein temps. C'est le plus grand centre de recherche en physique des hautes énergies du monde. À ce titre il accueille environ 6500 scientifiques (représentant 500 universités et plus de 80 nations, soit près de la moitié de la communauté mondiale dans ce domaine) qui effectuent leurs recherches au CERN.

Le complexe d'accélérateurs du CERN comprend une dizaine accélérateurs linéaires et circulaires, regroupés sur un même site. Le plus grand était le Large Electron Positron (LEP), accélérateur circulaire de 9 km de diamètre qui accélèrait et faisait entrer en collision des électrons et des positons, il a été démantelé en 2000 pour laisser la place au Large Hadron Collider (LHC). Le Super Proton Synchrotron (SPS) accélère des protons ou des ions lourds pour obtenir des faisceaux de particules qui sont envoyés d'abord vers des cibles puis vers des zones d'expériences. La prochaine grande machine, qui devrait fonctionner en 2007, sera le Large Hadron Collider (LHC) elle accélèrera deux faisceaux de protons ou d'ions lourds qui entreront en collisions dans de gigantesques détecteurs.


Les pays membres


Il y a actuellement (octobre 2004), 20 États membres.

Les pays fondateurs du CERN sont :

Allemagne,
Belgique,
Danemark,
France,
Grèce,
Italie
Norvège,
Royaume-Uni,
Suède,
Suisse,
Pays-Bas,
Yougoslavie, qui quitte le CERN en 1961

Ils sont rejoints par :

Autriche en 1959,
Espagne en 1961, quitte le CERN en 1969 et le rejoint en 1983
Portugal en 1985,
Finlande en 1991,
Pologne en 1991,
Hongrie en 1992,
République tchèque en 1993,
République slovaque en 1993,
Bulgarie en 1999.

# Posté le mardi 11 octobre 2005 14:32

Le LHC

Qu'est-ce que le LHC?



Le grand collisionneur de hadrons, Large Hadron Collider (LHC) est un accélérateur de particules qui sondera la matière plus profondément que jamais auparavant. Prévu pour démarrer en 2007, il permettra à terme des collisions de faisceaux de protons à une énergie de 14 TeV. Des faisceaux de noyaux de plomb seront également accélérés, entrant en collision avec une énergie de 1150 TeV.

Un TeV est une unité d'énergie utilisée en physique des particules. 1 TeV correspond à peu près à l'énergie du mouvement d'un moustique en vol. Ce qui rend le LHC aussi extraordinaire, c'est qu'il condense l'énergie dans un espace environ mille milliards de fois plus petit qu'un moustique.

Le LHC est la prochaine étape d'une épopée de découverte commencée il y a un siècle. A cette époque, des scientifiques venaient juste de découvrir toutes sortes de rayons mystérieux, rayons X, rayons cathodiques, rayonnement alpha et beta. Quelle était leur origine? Etaient-ils faits de la même 'chose', et si oui, de quoi?

Des réponses ont maintenant été apportées à ces questions, nous donnant par là même une bien meilleure compréhension de l'univers. Entre temps, les réponses ont changé notre vie quotidienne en nous apportant la télévision, le transistor, l'imagerie médicale et les ordinateurs.

A l'aube du 21ème siècle, nous sommes face à de nouvelles questions et le LHC est conçu pour tenter d'y répondre. Qui peut prédire quels nouveaux développements les réponses nous apporteront?

Pourquoi le LHC?



Parce que notre compréhension actuelle de l'univers est incomplète! Nous avons constaté que la théorie que nous utilisons, le Modèle Standard, ne permet pas de répondre à de nombreuses questions. Entre autres, la raison pour laquelle les particules élémentaires ont une masse, et pourquoi leurs masses diffèrent nous laissent extrêmement perplexes. Il est singulier qu'un concept si familier soit si mal compris.

La réponse pourrait se trouver dans le modèle standard, grâce à une idée appelée le mécanisme de Higgs. Il règnerait dans l'espace tout entier un 'champ de Higgs', et en interagissant avec ce champs, les particules acquéreraient leur masse. Les particules interagissant fortement avec le champs de Higgs sont lourdes, alors que celles qui n'interagissent que faiblement sont légères. Le champs de Higgs a au moins une nouvelle particule qui lui est associé, le boson de Higgs. Si une telle particule existe, le LHC sera capable de la rendre 'détectable'.

Et qu'en est-il des quatre forces? Lorsque l'univers était jeune et beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui, il est possible que toutes ces forces se soient comportées comme une force unique. Les physiciens des particules espèrent trouver un schéma théorique unique pour le prouver, et ils ont déja eu quelque succès. Deux forces, la force électromagnétique et la force faible ont été 'unifiées' en une seule théorie dans les années 70. Cette théorie fut vérifiée par une expérience récompensée par un prix Nobel quelques années plus tard. Cependant, la force la plus faible, la gravité et la force la plus forte, la force forte, restent distinctes.

Une idée très populaire suggérée par l'unification des forces est appelée supersymétrie, ou SUSY en abrégé. SUSY prédit que pour toute particule connue, il existe une partenaire 'supersymétrique'. Si SUSY est vraie, alors les particules supersymétriques devraient être trouvées au LHC.

Le LHC nous aidera aussi à résoudre l'énigme de l'antimatière. On a cru initiallement que l'antimatière était la parfaite 'image réfléchie' de la matière - c'est à dire que si vous remplaciez de la matière par de l'antimatière et que vous regardiez le résultat dans un miroir, vous ne verriez aucune différence. Nous savons aujourd'hui que la reflexion est imparfaite, et ceci pourrait avoir conduit au déséquilibre entre matière et antimatière.

Le LHC sera un très bon 'miroir d'antimatière', nous permettant encore une fois de mettre le modèle standard à rude épreuve.

Voici juste quelques unes des questions auxquelles le LHC devra répondre, mais l'histoire a montré que les plus grandes avancées en matière scientifique sont souvent inattendues. Bien que nous nous fassions une bonne idée de ce que nous espérons trouver avec le LHC, la nature pourrait bien nous réserver quelques surprises. Une chose est certaine, le LHC changera notre vision de l'univers.

Comment fonctionne le LHC?



Grâce à la supraconductivité . Maintenir les faisceaux du LHC en orbite requière des champs magnétiques d'une intensité jamais mis en oeuvre dans aucun accélérateur du CERN.

La supraconductivité permet de tels champs, mais une installation supraconductrice de la taille du LHC n'a jamais été réalisée auparavant. D'intenses travaux de recherche et développement en collaboration avec l'industrie européenne ont montré que c'était faisable. A la fin de 1994, une étape importante était atteinte avec la première mise en opération d'un prototype d'une section entière de l'accélérateur.

La supraconductivité est la capacité de certains matériaux à conduire l'électricité sans aucune résistance ou perte d'énergie, généralement à très basse température. Le LHC fonctionnera à environ 300 degrés en dessous de la température ambiante, température encore plus basse que celle du vide spatial. Avec ses 27 km de circonférence, l'accélérateur sera la plus grande installation supraconductrice du monde.

Le LHC accélérant deux faisceaux se propageant en sens opposés, c'est en fait deux accélérateurs en un. Pour que la machine soit aussi compacte et économique que possible, les aimants pour les deux faisceaux seront construits dans un support 2-fr-1 unique.

Le LHC sera construit dans le même tunnel que le Large Electron Positron collider (grand collisionneur électron positon) LEP du CERN, et coutera donc beaucoup moins qu'une machine similaire batie sur un site vierge. Les faisceaux de protons seront préparés par la chaine d'accélérateurs existants au CERN avant d'être injectés dans le LHC. Cette pratique du laboratoire d' interconnecter les accélérateurs de cette façon a fait du CERN l'usine de faisceaux de particules la plus flexible au monde.

Les expériences LHC



Cinq expériences, utilisant des détecteurs gigantesques, étudieront ce qui se passent lorsque les faisceaux du LHC entrent en collision. Elles auront à gérer autant d'informations que l'ensemble du réseau européen de télécommunications aujourd'hui!

Non seulement le LHC sera l'accélérateur avec la plus haute énergie au monde, mais il aura aussi les faisceaux les plus intenses. Les collisions se produiront si fréquemment (800 millions de fois par seconde) que les particules d'une collision n'auront pas encore quitté le détecteur lorsque la collision suivante se produira. Comprendre ce qui se passe dans ces collisions est la clé du succès du LHC.

Les expériences sont:

ATLAS
CMS
ALICE
LHCb
TOTEM

# Posté le mercredi 12 octobre 2005 01:21

Modifié le lundi 04 juin 2007 11:35

Montage photo du LHC

Montage photo du LHC
Petit montage poto.

# Posté le mercredi 12 octobre 2005 10:00

Pourquoi étudier les particules ?

Pourquoi étudier les particules ?
Les scientifiques ont découvert que toute la matière de l'Univers est faite d'un petit nombre de constituants de base appelés particules élémentaires, régis par quelques forces fondamentales.

Certaines de ces particules sont stables et forment la matière normale, les autres n'existent qu'une fraction de seconde et se désintègrent en particules stables. Toutes ont coexistées pour un bref instant après le Big Bang.

Depuis lors, seule l'énorme concentration d'énergie qui peut être atteinte dans un accélérateur au CERN peut les faire renaître. Ainsi, étudier les collisions de particules revient à "regarder dans le passé", en recréant l'environnement présent à l'origine de l'Univers.

Dans quel but? Pour comprendre la formation des étoiles, de la terre, de tout ce qui nous entoure et, finalement de nous-mêmes!


Briques de l'univers: Les constituants de base de la matière



L'idée selon laquelle la matière serait faite de 'briques' fondamentales date d'au moins 2000 ans! Les briques étaient supposées simples, sans structure et non elles-memes composées de quoi que ce soit de plus petit.

"... la nature des choses perceptibles consiste en petites particules infinies en nombre ... les particules étant si petites qu'elles nous sont invisibles, et elles se présentent sous une infinité de formes et de tailles. C'est à partir de leur combinaison et de celle des éléments que naissent les corps visibles et perceptibles ..."
~ 450 av. J.C. Democrite


Nous savons aujourd'hui que toute la matière de l'univers est faite à partir d'une centaine de types (lien au tableau periodique des elements) d'atomes, chacun d'entre-eux étant fait d'électrons de charge électrique négative en orbite autour d'un noyau chargé positivement. Le noyau, lui-même, est constitué de nucléons: des protons positifs et des neutrons neutres.

Les physiciens appellent ces composants de la matière des particules.

L'électron ne semble pas avoir de structure interne. Les protons et les neutrons sont des particules composites, chacune contenant trois quarks . Comme l'électron, les quarks apparaissent sans structure. Seuls deux types de quark, appelés "up" et "down", sont nécessaires pour construire le proton et le neutron.

Une autre particule sans structure doit être ajoutée pour compléter le tableau: une particule neutre et très légère appelée neutrino . Elle joue un rôle vital dans les réactions qui transforment des protons en neutrons et vice versa. De telles réactions permettent à la matière de conserver la forme stable sous laquelle nous l'observons, et sont également importantes pour l'alimentation du soleil et d'autres étoiles.

Ces quatre particules sont tout ce dont nous avons besoin pour construire la matière ordinaire qui nous entoure!

En fait, il existe des formes moins "ordinaires" de la matière que nous ne pouvons pas voir: matière cosmique venant de l'espace, matière de haute énergie que nous créons dans notre laboratoire et leurs "images miroir", l'antimatière.

Pour les inclure dans un cadre cohérent, nous avons besoin d'une description plus générale (lien au model standard) et d'autres particules.


Matière cosmique



Quelques "rayons cosmiques" traversent notre corps chaque seconde de chaque jour, où que nous soyons.

Il s'agit de particules créées lorsque des noyaux atomiques de haute énergie (essentiellement des protons) en provenance de l'espace entrent en collision avec des atomes de la haute atmosphère terrestre. Ces particules sont non seulement des électrons, des protons et des neutrons, mais aussi d'autres sortes de particules..

Près du sol, les rayons cosmiques incluent des muons, semblables aux électrons mais 210 fois plus lourds. Contrairement aux électrons, qui sont éternels, un muon ne vit qu'environ 2.2 microsecondes, après quoi il se transforme en un électron et deux neutrinos (neutrino-électron et neutrino-muon; versions neutres et ultra légères de l'électron et du muon).

Les muons eux-mêmes résultent principalement de la désintégration d'autres particules de courte durée de vie. Certaines de ces particules, appelées pions, sont faites de quarks up et down. Cependant, d'autres (kaons) contiennent un troisième type de quark, appelé le quark étrange.

Ainsi la matière cosmique est formée de plus de composants que les atomes. En plus de l'électron, du neutrino-électron, des quarks up et down, nous avons besoin du muon, du neutrino-muon et du quark étrange.


Matière de haute énergie




Il est difficile de travailler sur les rayons cosmiques: ils arrivent de façon imprévisible de toutes les directions et avec des énergies différentes. La seule façon d'étudier des particules avec des hautes énergies comparables, mais de façon mieux contrôlée, est d'utiliser des accélérateurs.

Grâce aux accélérateurs, des expériences ont trouvé de nouvelles particules fondamentales à courte durée de vie. L'une des premières à avoir été découverte fut une troisième particule chargée comme l'électron et le muon, mais 3550 fois plus lourde que l'électron. Cette nouvelle particule, appelée le tau, ne vit que pour un tiers de millionième de millionième de seconde (0.3 x 10-12 s). Il se transforme ensuite en un électron ou un muon, ou même en une particule appelée pion, toutes plus légères que le tau. Quelle que soit la façon, il produit toujours en même temps son homologue neutrino, le neutrino-tau.

D'autres particules sont produites lors de collisions à hautes énergies, mais elles ne sont pas fondamentales puisque composées de quarks. Des particules lourdes, par exemple, incluent des quarks lourds, qui ne peuvent être produits qu'à des énergies élevées. Ces quarks supplémentaires sont appelés "charme", "bottom" et "top", ce qui porte le nombre total de quarks à six.


Antimatière




Matière et antimatière sont les opposés parfaits; pour chacune des particules fondamentales de la matière, il existe une antiparticule, pour laquelle les propriétés telles que la charge électrique, sont inversées. L'électron, par exemple, a une charge négative alors que son antiparticule, appelée le positon, a une charge positive. De même le proton chargé positivement a une antiparticule chargée négativement, l'antiproton.

Lorsque matière et antimatière se rencontrent, elles s' "annihilent" ( se détruisent mutuellement), et leur energie réapparait sous forme de photons ou d'autres paires particule-antiparticule.

Les scientifiques sont convaincus qu'à l'origine de l'univers, il y a environ 13.7 milliards d'années, des quantités égales de matière et d'antimatière furent crées. Cependant dans l'univers tel que nous le connaissons aujourd'hui, il n'y a pas d'antimatière (à part celle produite dans des collisions de hautes énergies!). Elle semble avoir disparu en totalité, laissant les scientifiques face à une des plus grandes énigmes non-résolues: qu'est devenue l'antimatière? pourquoi l'antimatière n'a-t-elle pas annihilé complètement la matière, ne laissant que de l'énergie (photons) dans l'Univers?


Colle de la nature - qu'est-ce qui maintient la cohérence de la matière?




Les particules fondamentales se lient entre elles pour former des structures de toutes tailles, depuis le proton fait de trois quarks, puis les atomes et les molécules, les liquides et les solides, jusqu'aux immenses conglomérats de matière des étoiles et des galaxies.

Elles le font par 4 interactions de base, que nous appelons forces.

La force de base qui nous est la plus familière est la gravité. C'est elle qui maintient nos pieds au sol et les planètes en mouvement autour du soleil. A l'échelle des particules individuelles les effets de la gravité sont extrêmement faibles. C'est seulement en présence d'amas conséquents de matière - comme en nous-mêmes ou dans les planètes - que la gravité domine.

Une force fondamentale beaucoup plus forte est la force électromagnétique , qui se manifeste par les effets de l'électricité et du magnétisme. La force électromagnétique lie les électrons négatifs au noyau positif des atomes, et est à la base des interactions entre atomes qui donnent naissance aux molécules et aux solides et liquides. A la différence de la gravité, cette force peut conduire à des effets d'attraction ou de répulsion. Des charges électriques opposées (positive et négative) et des pôles magnétiques opposées (nord et sud) s'attirent, mais des charges ou des pôles de même type se repoussent.

Au sein du noyau atomique et au-delà dans des structure encore plus ténues (à l'intérieur des nucléons), deux forces, qui ne nous sont pas familières, entrent en jeu: la force faible et la force forte. La force faible conduit à la désintégration des neutrons (qui est à l'origine de nombreuses manifestations de radioactivité) et permet la conversion d'un proton en neutron (responsable de la combustion de l'hydrogène au centre des étoiles).

La force forte est responsable du groupement des quarks au sein des protons, neutrons et autres particules. Elle empêche également les protons du noyau de s'écarter les uns des autres sous l'influence de la force électrique répulsive qui s'exerce entre eux (ils sont tous de charge positive!). Il en est ainsi parce qu'à l'intérieur du proton, la force forte est environ 100 fois plus intense que la force électromagnétique.

La force forte est très spéciale: elle augmente avec la distance. Par exemple, les quarks liés au sein des particules n'apparaissent jamais seuls; à mesure que l'on essaie de les éloigner les uns des autres, la force qui les unit devient de plus en plus intense. C'est à l'opposé des effets plus familiers de la gravité et de l'électromagnétisme, pour lesquels les forces s'amenuisent lorsque la distance croît.


La physique des particules aujourd'hui: le Modèle Standard



Les théories et découvertes de milliers de physiciens au cours du dernier siècle ont conduit à une description remarquable de la structure fondamentale de la matière: le modèle standard des particules et des forces.

Le modèle nécessite 12 particules de matière et 4 particules porteuses de force pour décrire tout ce que nous savons au sujet des constituants les plus fondamentaux de la matière et de leurs interactions.

Le Modèle Standard est maintenant une théorie de la physique qui a fait ses preuves, et a été utilisée pour expliquer et prédire avec exactitude une grande variété de phénomènes. Des expériences de haute précision ont, de façon répétée, vérifié des effets subtils ainsi prédits.

Toutefois, les physiciens savent que ce ne peut pas être le mot de la fin, et c'est pourquoi ils cherchent 'une nouvelle physique au delà du modèle standard" qui les conduirait à une ultime "théorie de tout".

Particules de matière

Il y a deux "familles" de particules de matière - les quarks et les leptons - toutes deux telles des points et sans structure.

Il y a six quarks,généralement groupés en trois paires selon leur propriété de masse et de charge: up/down, charm/strange, et top/bottom.

Ensuite il y a six leptons, trois avec une charge et une masse - electron (e-), muon (?) et tau (?) - et trois électron-neutrinos neutres et de très faible masse - electron-neutrino (νe), muon-neutrino (νμ) et tau-neutrino (ντ). Encore une fois, comme leur nom le suggère, ils sont groupés en trois paires (de par leur comportement distincts dans les processus de création ou de désintégration).

Les (e-/νe) et (up/down) ont la masse la plus faible et suffisent à la construction de la matière stable de l'univers. Elles forment ce qui est appelé la première génération de matière.

Cependant,elles ne sont pas suffisantes pour construire l'univers; des processus de haute énergie produisent une grande variété de particules à courte durée de vie qui requèrent l'existence de paires "plus lourdes", ou de "générations" plus lourdes de matière. Nous avons ainsi (?/?μ) et (charm/strange) qui constituent la seconde génération, tandis que (?/?τ) et (top/bottom) forment la troisième génération.

Recent results from the LEP collider at CERN and from astrophysics confirm that there can be no more generations of this type. All second and third generation particles are unstable and quickly decay into stable first generation particles. That's why first generation particles are the only ones we observe in our everyday world.

Particules porteuse de force
Le modèle standard comprend trois types de forces agissant entre particules: forte, faible et électromagnétique. La gravité n'est pas encore intégrée dans ce tableau.

Les forces s'exercent entre particules par l'échange de particules spéciales "porteuses de forces" et appelées bosons, qui transportent des quantités discrètes d'énergie d'une particule à l'autre. Chaque force a ses bosons qui lui sont spécifiques: le gluon (force forte), le photon (force électromagnétique), les bosons W et Z (force faible).

Un grand succès du modèle standard est l'unification des forces électromagnétique et faible dans ce que nous appelons la force électrofaible. Cette réussite est comparable à l'unification des forces électrique et magnétique dans le cadre d'une théorie électromagnétique unifiée établie par J.C. Maxwell au 19ème siècle.

Aujourd'hui, les physiciens essaient également d'inclure la force forte dans un schéma unifié appelé la Théorie de la Grande Unification (GUT). Ils envisagent aussi la possibilité d'y inclure la gravité, unifiant ainsi toutes les forces de la nature en un seule "super force". Cependant, beaucoup de travail expérimental et théorique est encore nécessaire avant d'atteindre un tel but.


Mystères non-élucidés: est-ce tout?




Le modèle standard est à l'heure actuelle la meilleure description que nous ayons du monde des quarks et des autres particules. Néanmoins, dans sa forme présente il ne peut pas tout expliquer car il reste des questions importantes auxquelles le modèle standard ne peut apporter de réponses:

Quelle est l'origine de la masse des particules?
La force électrofaible et la force forte peuvent elles être unifiées?
De quoi la matière obscure est-elle faite?
Pourquoi y a-t-il trois générations de matière et qu'est devenue l'antimatière?

De telles questions sont liées aux mystères qui demeurent concernant l'univers: Y a-t-il d'autres choses dans l'univers que nous ne pouvons voir? Pourquoi la matière domine-t-elle par rapport à l'antimatière? A l'évidence, de nombreuses choses nous échappent encore et la recherche future a de nouveaux défis à relever!

Quelle est l'origine de la masse des particules?
Les particules ont des masses très variées.

Les photons et les gluons sont totalement dépourvus de masse, alors que les particules W et Z pèsent chacune autant que 80 ou 90 protons ou autant qu'un noyau de taille respectable. La particule fondamentale de masse la plus élevée découverte jusqu'à présent, le quark top, est deux fois plus lourd que les particules W et Z, et pèse autant qu'un noyau d'or!

Pourquoi y a-t-il des écarts aussi importants; c'est l'une des énigmes encore non-élucidées de la physique des particules. Et d'ailleurs, nous ne savons même pas ce qui donne de la masse aux particules.

Dans le modèle standard, les particules acquièrent une masse grâce au mécanisme de Higgs (du nom du théoricien Peter Higgs). Selon cette théorie, aussi bien les particules de masse que les porteuses de force interagissent avec une nouvelle particule, le boson de Higgs . C'est la force de cette interaction qui donne naissance à ce que nous appelons la masse: plus forte est l'interaction, plus grande est la masse.

Les expériences ont encore à démontrer si cette théorie est correcte. La quête du boson de Higgs a déja commencé au collisionneur LEP du CERN, et ce travail va se poursuivre au 21ème siècle à l'aide de la nouvelle machine du CERN, le grand collisionneur d'hadrons (LHC).

La force électrofaible et la force forte peuvent elles être unifiées?
Une des plus grandes avancées des années 1970 en physique des particules a été l'intégration de l'électricité, du magnétisme, de la lumière et de la radioactivité - le développement d'une description unifiée des forces électromagnétique et faible. Maintenant les théoriciens essaient une grande unification, encore plus vaste, qui inclurait aussi la force forte.

Les expériences montrent que la force forte devient "plus faible" dans ses effets à mesure que les énergies augmentent. Ceci suggère qu'à très hautes énergies, les forces électromagnétique, faible et forte sont de même intensité, et qu'à la base elles sont indistinctes.

Malheureusement, les énergies mises en jeu sont un milliard de fois plus grandes que celles atteignables par les accélérateurs; elles n'auraient existé qu'au tout début de l'univers, 10-34 secondes après le Big Bang.

Mais les théories de grande unification ont aussi des conséquences à des énergies plus basses et peuvent donc être testées avec les expériences d'aujourd'hui. Elles requèrent, par exemple, une profonde symétrie dans les lois de la nature, qui à leur tour supposent l'existence de "super particules" spéciales. Certaines d'entre elles pourraient être vues avec le LHC.

De quoi la matière obscure est-elle faite?
Des mesures faites en astronomie indiquent que 90% ou plus de l'univers n'est pas visible (n'émet pas de rayonnement électromagnétique). Les scientifiques appelle cette "chose" indétectable la matière obscure.

Sa présence est ressentie à travers les effets gravitationels qu'elle a sur la matière que nous pouvons voir. Les étoiles des galaxies, par exemple, semblent se déplacer beaucoup plus rapidement qu'elles ne le devraient si elles n'étaient que sous l'influence de la masse visible de la galaxie.

La nature de la matière obscure ainsi que son rôle dans l'évolution de l'univers ne sont toujours pas connus.

Elle est probablement formée de plusieurs composants, comprenant des neutrinos, de la poussière, des gaz froids et des particules spéciales non encore observées mais prédites par les théories de la grande unification et appelées "super particules".

Les physiciens espèrent identifier quelques uns des constituants de la matière obscure grâce au LHC.


Pourquoi y a-t-il trois générations de matière?
Toute la matière qui nous entoure, est faite à partir de deux types de quark, appelés "up" et "down", qui forment les neutrons et les protons. Deux types de lepton sont également nécessaires: l'électron et le neutrino-électron. Cette configuration se répète dans deux "générations" plus lourdes, chacune avec deux quarks et deux leptons.

Pourquoi y a-t-il trois génerations et pourquoi celle dont notre monde est formé ne suffit-elle pas? Nous ne le savons pas.

Néanmoins cette énigme est liée à une autre, qui fait également partie des mystères de l'univers: qu'est devenue l'antimatière? Les expériences en physique des particules montrent que matière et antimatière sont toujours créées en quantités égales, indiquant par là-même qu'il avait dû en être ainsi au Big Bang. Mais si cela a été le cas, pourquoi l'antimatière n'a-t-elle pas annihilé complètement la matière, ne laissant que de l'énergie (photons) dans l'Univers?

Il semble, au contraire, qu'il y ait eu une asymétrie faible mais significative entre matière et antimatière dans les premiers instants de notre univers. Cette asymétrie pourrait résulter d'un effet connu sous le nom de violation de CP. La compréhension actuelle de cet effet est étroitement liée à l'existence de trois générations.

Jusqu'à maintenant, la violation de CP n'a été vue qu'affectant les particules faites de quarks de seconde génération (quark "étrange") mais le LHC devrait facilement produire des particules contenant le quark de troisième génération, "beauté", plus lourd. Si la théorie est correcte, de telles particules devraient également faire apparaître l'effet de rupture de symétrie de la violation de CP.

# Posté le jeudi 13 octobre 2005 14:14